par Marie-Noelle Doucet-Paquin
photo: Martin Desautels

« Et comme ça : tout le monde est mort, merci! »
Voici les derniers mots de la conteuse Myriam Pellicane, quand elle livre son tout nouveau spectacle intitulé Vagabonde. Elle les a prononcés avec un malin plaisir! Cette conteuse-sorcière-gamine-corbeau brave les interdits et nous surprend avec sa délicieuse folie. On ne peut résister à son charme.
Vagabonde, c’est une série de quelques contes ponctués par le son de sa merveilleuse cloche qui résonne sans fin. Les spectateurs sont suspendus aux lèvres de la grande gesticulatrice. En effet, son corps impressionne. Elle bouge beaucoup, comme une étrange bibitte. Sa présence fascine et pique toujours notre curiosité.
Cette adolescente de 285 ans nous présente des personnages arrogants, naïfs, surréels, avec une légèreté qui lui donne l’air d’avoir 5 ans. Moqueuse, elle sait réveiller notre cœur d’enfant en nous contant des tragédies comme s’il s’agissait d’histoires sans conséquences. Des histoires drôles à conter, même si à la fin, tout le monde meurt!
À un moment, Myriam Pellicane dit : « J’ai fait une promesse ». Elle sort ses lunettes et un long papier roulé, enrubanné, et nous chante un message qui m’est allé droit au cœur. Elle y parle d’origines, celles des peuples d’ici, en osant nommer le génocide culturel des autochtones. Elle chante avec son cœur, avec ses tripes. Elle nous livre son âme, avec une voix parfois éraillée, parfois d’une clarté déconcertante.
« Tant pis pour la France », c’est ici qu’on a pu écouter en primeur ce spectacle qu’elle a développé en résidence aux festivals de conte des Îles de la Madeleine et de Trois-Pistoles. Bien fait pour nous!