mardi 23 mai 2017

La tradition orale est un moyen de connaissance, un des plus merveilleux, il a mauvaise réputation: il trouve sa source sur la route, les conteurs sont des vagabonds qui nagent dans les eaux profondes de l'inconnu social...... Ce qui vibre dans les contes c'est l'or pur des légendes aussi bien que le souffle monstre du forgeron... Ce qu'il contient aussi c'est l'art de rêver : nous ne sommes pas ce que nous mangeons, ni ce que nous pensons, nous sommes ce que nous rêvons. Le conte est un outil de rédemption. Ce que le conteur préserve c'est la source fraiche de la connaissance direct, formée de mille courants à l'état sauvage. Ce qui compte c'est de retrouver le courant souterrain d'un esprit en accord avec sa chair. Sous l'extravagance, il y a cette réalité grave, cette ultime terrain de jeu, cette expérience stupéfiante de l'instant.


L'engagement du conteur est un engagement qui se manifeste avec le corps en jeu, le discours du conteur n'a pas à émettre une opinion, le conteur n'est pas un journaliste, il veille à conserver intact un état de perception, voir est primordial, il a quitté les machines à fabriquer la pensée, il n'a pas à être raisonnable.
Pour ça il lui faut se débarrasser de sa culpabilité, vivre des expériences de magicien, pour atteindre cette parole généreuse, qui s'adapte, qui a du coeur. On se fout de ce que les bien pensants nomment réalité, le conteur la trahit sans cesse car la réalité du monde passe par des faisceaux d'énergies qui bougent sans cesse, elle est organique, sensible, elle est conçue pour le voyage.

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